À Paris, dans le 11ème arrondissement, le restaurant Masaikuta fait partie de ces adresses que l’on découvre presque par hasard, et que l’on conserve ensuite précieusement. Dans une ville où les ouvertures se succèdent à un rythme effréné, rares sont les restaurants capables de créer dès la première visite ce sentiment d’évidence, d’être exactement là où il faut être.
Dès l’entrée, le ton est donné. Lumière tamisée, bougies vacillantes, matières brutes : pierre, bois, céramique. L’espace est feutré, presque intime. On hésite entre la salle ou le comptoir, au plus près du chef. Au fond, une platine vinyle tourne en continu, funk, hip-hop, le chef et le sommelier se relaient pour habiller la soirée selon la clientèle et l’humeur du moment. On se sent moins au restaurant que chez quelqu’un. C’est précisément ce qui fait la différence.
Une atmosphère qui dit tout avant même le premier plat
Cette capacité à créer une ambiance cohérente de bout en bout, du choix des matériaux à la sélection musicale, est l’un des marqueurs des grandes tables qui durent. À Masaikuta, rien n’est laissé au hasard, mais rien ne semble non plus calculé.

Derrière cette atmosphère, il y a un homme : Masa Ikuta, un chef japonais à la cuisine libre. Passé par des adresses exigeantes comme Table ou L’Ami Jean, puis remarqué aux Enfants du Marché, le chef japonais installé à Paris signe aujourd’hui une cuisine libre, précise et surprenante. Une cuisine qui ne cherche pas à se définir dans une case, mais qui assume pleinement ses influences : japonaises, françaises, méditerranéennes, sans jamais en faire trop.
Le menu dégustation : précision, légèreté, surprise
Le menu dégustation de Masaikuta déroule une succession de plats aussi précis que légers. On commence par un Bloody Mary au homard bleu de Bretagne, ouverture aussi belle à regarder qu’à boire, suivie d’huîtres en tempura au piment d’Espelette, croustillant, iodé, parfaitement dosé.
Ensuite un agneau de lait des Pyrénées à la braise, petits pois à la française, pousses de radis et jus de viande romanesco (cf. Photo ci-dessous). Mais le moment le plus marquant de la soirée reste les sardines, pêchées le jour même, déclinées en deux versions complémentaires : l’une gourmande, servie sur churros et crème aux anchois ; l’autre en ceviche délicat façon leche de tigre, d’une fraîcheur remarquable. Deux lectures d’un même produit, deux registres, une maîtrise totale.
Cette adresse déconcertante surprend jusqu’au dessert avec une mousse au chocolat Sao Tomé, sans sucre ajouté, relevée de câpres de Sicile et d’une touche de laurier. Un final inattendu, presque provocateur, qui marque durablement.

Une cave naturelle portée par Tom Faucoeur
Côté cave, difficile de ne pas mentionner Tom Faucoeur, passé par Le Saint-Sébastien. Sa sélection de vins naturels accompagne le dîner avec justesse et personnalité. Il connaît chaque producteur, chaque millésime, chaque accord et il le partage avec un enthousiasme communicatif. Difficile pour lui, d’ailleurs, de ne pas esquisser deux ou trois pas de danse derrière le bar. Il fait de cette adresse un cocon festif.

Rue de la Fontaine au Roi : l’adresse qui monte
Situé au 26 bis rue de la Fontaine au Roi, Masaikuta s’inscrit dans une rue devenue l’une des plus intéressantes du paysage gastronomique parisien, aux côtés de tables comme Le Chateaubriand ou Amâlia. Un micro-quartier en train de s’imposer comme une destination à part entière pour les amateurs de cuisine contemporaine exigeante.
Masaikuta reste encore une adresse discrète. Mais plus pour longtemps.
Masaikuta 26 bis rue de la Fontaine au Roi 75011 Paris
Article rédigé par Rose Claverie pour Luxe, Calme & Volupté Magazine
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