Médecin depuis plus de 25 ans, les senteurs ont toujours été très importantes dans sa vie, mais c’est après le Covid que le Docteur Véronique Marché a voulu exercer en utilisant encore plus les odeurs au quotidien. Elle a assisté à la Paris Perfume Week 2026, et partage son expérience aujourd’hui avec les lecteurs de Luxe, Calme & Volupté Magazine. Voici son texte.
Le vocabulaire du parfum et de sa création emprunte des mots au monde de la musique : notes, accords, orgues à parfum, faire ses gammes…
Une symphonie est une composition musicale en quatre mouvements, rapide – lent -menuet/scherzo – rapide ou final. C’est ainsi que j’ai vécu la Paris Perfume Week du 9 au 11 avril au Palais Brongniart, comme une auditrice douée d’un nez affuté qui a assisté à un concert unique et impalpable. J’ai suivi les portées d’une partition bien écrite où chaque instrument avait sa portée à suivre, dans sa clef, et en même temps découvert le résultat d’une mise en commun alors qu’aucune répétition n’avait eu lieu au préalable. Un sacré pari !
Que retenir de ces quatre mouvements olfactifs sur trois jours ?
Un mouvement allegro, écrit en notes et accords qui emplissaient le centre du palais Brongniart par les exposants. Parfois harmonieux, parfois dissonant. En tout cas en quête de créativité, de surprise, d’authenticité. L’ensemble résonnait et vibrait sous une voute de lumière.

Un deuxième mouvement lento, les « smell talks », qui avaient lieu au premier étage du palais, dans un lieu dédié et propice à se concentrer. Des thèmes aussi variés que « Le fruit en parfumerie », « Décoder la gen Z », « L’anosmie au quotidien » étaient abordés.

Un menuet, troisième mouvement, hors-les-murs du palais Brongniart, aux notes aventureuses et légères, la « balade des nez heureux » aux accents mélodieux : Cinquième sens (rue de Monttessuy), Dans le noir ? (rue Quincampoix), Prix Flair (rue Notre Dame de Nazareth), Spoturino (galerie Vivienne), L’orchestre Parfum (rue du Bourg-Tibourg), Room 1015 (rue Vivienne), Brume Orpin (rue Léopold-Bellan), Centquatre (rue Curial), Maison de Balzac (rue Raynouard)
La Paris Perfume Week offre une rencontre privilégiée aux professionnels
Et ce final, vécu par tous, surprenant, inattendu, de la rencontre, entre professionnels de la création, de l’évaluation, de la formation, du sourcing, et passionnés, amateurs, curieux, futurs étudiants…
Je garde précieusement en mémoire deux pauses olfactives dans ce concert. Celle de la rencontre avec le premier violon : les bases « De Laire », « un nom synonyme d’invention, d’excellence et de liberté créative », qui fêtent leurs 150 ans. L’occasion de re-découvrir des accords subtiles et marquants : Mousse de Saxe (1910), Miel Blanc (1920), Ambre 83 (1900), Prunol (1940)… Et celle avec le premier violon alto : Luzi, qui fête ses 100 ans, et présentait sa nouvelle note de rose au cœur de « Cloud rose » et « In full Bloom ».

Et toutes les autres marques qui évoquent des partitions qui ont marqué mes mémoires olfactive et émotionnelle – impossibles à citer toutes : Divine, Isabelle Larignon, Poécile, Voyages imaginaires, D’Orsay, Nicolaï Paris, Parfum d’Empire, Atelier des Ors, Goldfields&Banks, Millesève, L’Orchestre parfum…
Une mention spéciale pour le point d’orgue « L’empreinte des maîtres » organisée par Nezxl’Osmothèque qui présentait sobrement et avec beaucoup de classe les maîtres historiques de la parfumerie avec, notamment, Jean Kerléo, fondateur de L’Osmothèque, décédé en juillet 2025, et créateur pour la maison Jean Patou de « 1000 ».
Comme l’évoquait Romain Raimbault, directeur de la Paris Perfume Week : « Les odeurs sont partout autour de nous, mais nous prenons rarement le temps de les écouter. La culture olfactive commence peut-être simplement là : dans cette attention retrouvée »
Cette attention à l’olfactif m’est chère depuis mon enfance et même si mon chemin de vie m’a fait parcourir des traverses, je peux accompagner jeunes et moins jeunes dans cet éveil ou réveil du fait de mon travail de médecin olfactothérapeute. Les stands de Nez en Herbe, qui présentait le « Manuel d’éveil olfactif pour petits et grands » (1) et d’anosmie.org qui présentait « Cuisiner sans odorat » étaient là pour rappeler combien il est important de prendre soin de ce sens.
* Edité grâce à la revue Nez, Fonds de dotation Per Fumum et Cosmo Internationale Fragrances
Une expérience partagée par le Docteur Véronique Marché*
*Le Docteur Véronique Marché a cofondé l’Association des Thérapeutes Olfactifs Français (ATOF), en novembre 2024 avec Amandine Vépierre et Marie Birin, qui compte désormais 22 membres, et cherche à créer un répertoire de professionnels formés et compétents dans l’accompagnement des patients. Le Docteur (MC) Anna Crambert, médecin ORL, l’a accueille à l’hôpital militaire Percy en septembre 2025 comme olfactothérapeute, où elle consulte.
Chef d’orchestre : Nez, le mouvement culturel olfactif
Lieu : Palais Brongniart pour l’orchestre principal
Autres lieux à Paris pour certains musiciens
Dates : Du 9 au 11 avril 2026
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