Dans l’Affaire Kim Wall (ndlr : en danois Efterforskningen), la série danoise inspirée de l’assassinat de la journaliste Kim Wall, par l’inventeur Peter Madsen, le comédien Søren Malling trouve encore une fois l’opportunité de montrer toutes les facettes de son immense talent. Et le scénario qui ne cède jamais à la facilité, s’autorise des temps longs et du silence, qui servent son talent à la perfection. L’enquête est traitée avec un réalisme et une sensibilité assez rare pour le genre.
Tournée à peine deux ans après un sordide fait divers qui a traumatisé tout le Danemark, L’affaire Kim Wall propose la singularité de se focaliser sur la complexité de l’enquête, retracée avec beaucoup de pudeur, sans que le meurtrier n’apparaisse jamais directement en tant que personnage de la série.
Une affaire maltraitée par les médias danois
« Je m’étais même juré de ne jamais m’approcher de ce drame, eu égard à la façon dont les médias ont traité l’affaire, tout en détails inhumains, et avec une certaine fascination pour la cruauté du tueur. Puis, quelques mois après le procès, j’ai rencontré Jens Møller, l’inspecteur en charge de l’affaire… », confie le réalisateur Tobias Lindholm (coscénariste de Borgen) sur Télérama.fr.
En effet, force est de constater que le réalisateur s’est emparé de cette affaire, avec une affection palpable pour le policier qui l’a menée, jusqu’aux maladresses de sa vie familiale. Puis, porté par cette délicatesse, en allant contre le courant du traitement sensationnel et déplorable du fait divers par les médias danois, sur un tempo bas, il termine par la condamnation de l’assassin à perpétuité, presqu’en temps réel.

Une série à contre-pied
D’ailleurs, on assiste souvent à de l’attente de résultats, de réponses, de réactions, extrêmement bien interprétés par Søren Malling, l’acteur qui incarne le personnage principal et fil rouge, reconnu pour savoir intérioriser l’épaisseur des émotions, notamment depuis The Killing (inspecteur) ou Borgen (rédacteur en chef), série devenue un modèle du genre.
Persuadé de la culpabilité du suspect, il aura toutes les peines du monde à réunir des preuves, on le suit donc au plus près de ses pérégrinations. Et si le lien de sympathie se constitue au fil des épisodes, le réalisateur prend le parti de ne jamais montrer aucune image de la victime ni de son meurtrier, ce qui est aussi frustrant qu’admirable. Car il réussit le pari, cela fonctionne.
6 épisodes et de nombreux doutes
Le premier épisode de la série, nous plonge en plein Copenhague, le 11 août 2017, où nous faisons connaissance avec Jens Moller, qui dirige la brigade criminelle de la capitale danoise et passe une journée a priori banale. Jusqu’à ce qu’une étrange nouvelle tombe : un sous-marin artisanal vient de couler dans le détroit entre le Danemark et la Suède avec deux personnes à son bord : le concepteur du submersible, un inventeur danois qui est secouru in extremis, et une jeune journaliste suédoise, portée disparue.

Le chef de la police, Jens Møller, et son équipe se concentrent sur le cas de Kim Wall, qui se trouvait à bord du sous-marin privé UC3 Nautilus pour écrire un article sur son inventeur. Peu de temps après, elle sera retrouvée, après des recherches obstinées dans la mer. L’enquête en conclura qu’elle a été sauvagement assassinée. Comme dans la vraie vie, les investigations progresseront ensuite lentement, marquées par la relation que l’enquêteur commence à entretenir avec les parents de Kim Wall, sous-tendu des doutes traversés par l’équipe.
L’affaire Kim Wall (Efterforskningen)
Série de Tobias Lindholm
Scénario : Tobias Lindholm
Avec : Søren Malling, Pilou Asbæk, Pernilla August, Rolf Lassgård, Laura Christensen, Dulfi Al-Jabouri, Hans Henrik Clemensen
Production : Miso Film pour TV2 Danmark, Outline Film, SVT, Nordic Entertainment Group
(Danemark/Suède, 2020, 6x45mn, VF/VOSTF)

