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Home Esperluette

« L’ego est le grand goujat de l’élégance », Catherine Ternynck

Interview

Jeanne SimonbyJeanne Simon
06/05/2026
in Esperluette, A la Une, Idées Prospective
min read10 min
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Dans son livre « L’esprit d’élégance : Résister à la vulgarité du monde » (Desclée De Brouwer), Catherine Ternynck, docteur en psychologie et psychanalyste, questionne sur la notion même d’élégance. L’occasion d’aborder avec l’auteure le luxe du peu, le rapport à l’autre, mais également les nouvelles formes d’éducation et l’impact des réseaux sociaux dans la construction des nouvelles générations. Entretien.

Vous venez de publier « L’esprit d’élégance : Résister à la vulgarité du monde » (Desclée De Brouwer). Dans quelle optique avez-vous écrit cet ouvrage ?

Catherine Ternynck : Il m’a semblé que notre époque était dépourvue d’élégance et que ce mot était devenu un peu désuet, qu’on l’utilisait moins. D’ailleurs, on ne savait pas très bien ce que l’on disait quand on le prononçait. Je me suis dit : « N’y aurait-il pas une dimension humaniste, anthropologique, qui irait plus loin que l’aspect esthétique et celui des apparences ? » C’est l’objet de ce livre.

Quelle serait votre définition de l’élégance ?

Il y a beaucoup de synonymes à l’élégance. On pourrait dire raffinement, finesse, subtilité, respect, dignité, savoir-vivre, bon goût… Tous ces mots sont un peu frères ou cousins. Mais l’élégance, il me semble, dit autre chose. Il y a quelque chose d’indéfinissable. Elle désigne comme une distinction, une élévation, une tension vers plus de beauté, plus de vérité, une ascendance, peut-être une tension vers le mystère aussi. Ce n’est pas l’apparence en tout cas. L’histoire du roman L’Elégance du hérisson, de Muriel Barbery (Gallimard), le dit bien : l’élégance n’est pas qu’esthétique, elle est aussi du côté de l’esprit et du cœur.

Catherine Ternynck est docteur en psychologie et psychanalyste, Photo DR Desclée De Brouwer. Elle vient de publier " L'esprit d'élégance : Résister à la vulgarité du monde".
Catherine Ternynck est docteur en psychologie et psychanalyste, Photo DR Desclée De Brouwer

Ce livre est-il une manière de répondre aux incivilités croissantes ? 

Les attaques contre toutes les figures d’autorité – enseignants, policiers, médecins, etc. –, le harcèlement à l’égard des plus faibles, les injures, les insultes, notamment anonymes sur les réseaux sociaux… Ces incivilités interpellent. Deux choses ont attiré mon attention : la mobilisation des plus jeunes, notamment des mineurs, dans cette montée de la violence, des incivilités, de cette barbarie au collège… pas une semaine ne se passe sans qu’il y ait un nouveau fait divers ; et l’impression que les dirigeants du monde sont également gagnés par cette absence de civilité, cette arrogance, cette vulgarité. Nous sommes nombreux à être absolument déconcertés par ce très mauvais exemple. Et c’est certainement en lien avec le premier constat, parce que le mimétisme est très influent dans les relations humaines.

« L’élégance n’est pas qu’esthétique, elle est aussi du côté de l’esprit et du cœur »

Comment expliquer l’essor sur les réseaux sociaux d’influenceurs qui prônent le retour aux bonnes manières. Est-ce un contrepied à ces dérives ?

Un mouvement de balancier entraîne toujours son contraire. A aller trop loin du côté de la vulgarité, peut-être qu’une réaction va s’instaurer. Comment démontrer un certain paraître et une certaine way of life ? Comment faire pour être conforme à ce qui est attendu, voire pour décrocher un job, faire des rencontres… ? C’est mieux que rien. En tout cas, cela augure d’un certain retour. Mais l’élégance véritable va plus loin. Elle est plus profonde et plus intérieure. Au fond, on pourrait dire que le grand goujat de l’élégance, c’est l’égo, le moi.

Qu’entendez-vous par-là ?

On ne peut pas se passer de moi pour vivre. Tout le monde a besoin d’un ego. Mais il me semble que ce moi est aujourd’hui très sollicité. L’enfant grandit au centre de la famille alors qu’autrefois il était – un peu trop d’ailleurs – sous un ordre dit patriarcal. Cet enfant qui a grandi peu frustré, très choyé, un peu en régent ou en roi, n’est pas du tout prêt à s’effacer. Il avance, il arrive à l’âge adulte en pensant que le monde va se plier à ses désirs d’enfant qu’il n’est plus. Et là peut naître la frustration, d’où la violence. Au fond, cet enfant n’a pas appris l’autolimitation, par manque d’autorité bien souvent. Bien sûr, je généralise, il y a heureusement des contre-exemples. L’autorité apprend à l’enfant à s’autolimiter. S’il ne l’a pas apprise, c’est une difficulté qu’il aura à affronter à l’âge adulte.

Serait-ce une explication au manque de savoir-vivre qui se diffuse dans la société ?

Ce n’est pas l’unique explication mais elle est importante. Comment négocier l’individualisme et le sens de l’autre ? Comment négocier mes préoccupations avec mon empathie pour l’autre ? C’est le problème de tout le monde. On doit penser à sa vie et en même temps il faut penser à l’autre. Mais aujourd’hui, l’effacement, l’oubli de soi n’est plus du tout dans les mœurs. Au contraire, on nous dit : « Affirme-toi. Tu dois vaincre. Tu dois être le meilleur. Tu dois aller du côté de l’excellence… Tu dois être prédateur pour survivre. » C’est une pression individualiste, excessive, qui peut mener à des effets secondaires et très regrettables. Je crois que l’esprit d’élégance vient résister à la goujaterie de l’ego.

Vous évoquez aussi un problème lié au consumérisme. Quelle est la corrélation avec l’élégance ?

Notre époque, notre culture occidentale n’a pas le privilège de la vulgarité. Mais la nôtre me paraît assez caractérisée par le matérialisme ambiant qui inclut le consumérisme. On a toujours consommé, le monde a toujours été marchand, bien sûr. Mais aujourd’hui, ce qui prime, c’est la prépondérance, voire l’exclusivité de cette société marchande et consumériste. Aujourd’hui, vivre, c’est consommer. L’esprit du consumérisme, c’est non seulement de consommer en excès, mais aussi nourrir cette intuition absolument irraisonnée que notre vie n’est réussie que par l’art de consommer. On s’est laissé prendre insidieusement dans cette installation, dans une vie quasiment matérialiste.

Cela nourrirait une forme d’image, parfois faussée, de ce que l’on veut renvoyer à l’autre ?

Tout à fait. Au fond, on reste bien souvent à la surface des choses – notamment celle des écrans, des réseaux – et les jeunes générations plus que les anciennes. S’intérioriser devient plus difficile aujourd’hui.

« Notre époque me paraît assez caractérisée par le matérialisme ambiant »

Peut-on également attribuer en partie ce manque grandissant de savoir-vivre à l’influence des réseaux sociaux ?

Je le crois, d’autant qu’ils sont en partie anonymes. À partir du moment où je n’assume pas ce que je dis, je ne signe pas ma parole. Je parle à tout vent, mais je ne me responsabilise pas dans ce que je dis.

On ne se construit pas aujourd’hui comme hier. A ma génération, on se construisait plutôt sur l’intériorisation de normes éducatives. Aujourd’hui – et ce n’est pas d’ailleurs un reproche, mais un constat – , on se construit à partir du regard de ses pairs. Je vous montre la scène de ma vie et dites-moi si je suis, si je parais bien, si ça convient, likez-moi, cautionnez-moi. Rien de tout ça n’existait il y a quelques décennies encore, ça a été très rapide.

Il ne s’agit pas non plus de tomber dans un pessimisme excessif. Personnellement, j’aime mon époque, non pas parce que je crois que c’est la meilleure, mais parce qu’à mon sens, c’est s’intéresser à elle, s’en indigner, s’en réjouir, s’en émouvoir, la questionner, discerner ce qui relève de l’effet de mode ou de ce qui sera intemporel… Il y a un devoir d’intérêt. Tout sauf l’indifférence !

À une certaine époque, des cours d’instruction civique et de morale étaient dispensés à l’école. Serait-ce une bonne idée de les remettre au programme ?

Les cours d’empathie que l’on donne n’en sont pas très éloignés. C’est mieux que rien. Mais apprise trop tard, l’empathie – ou la sensibilité civique – restera toujours une langue secondaire. C’est dans les premières années de la vie que cela s’apprend. Un message important est à passer aux jeunes parents : avant l’âge de raison, il y a une période extraordinaire où l’enfant est une véritable éponge et où des traces vont se fixer ; celles-ci orienteront peut-être subtilement la vie et notamment le sens de l’autre et de l’ordre. Mais aussi le sens les mots. Or, c’est entre 2 et 5 ans que l’enfant est le plus ouvert à recevoir un maximum de mots et à augmenter son vocabulaire.

« Apprise trop tard, l’empathie – ou la sensibilité civique – restera toujours une langue secondaire »

Je ne suis pas professeur de français, mais je constate qu’aujourd’hui le vocabulaire s’appauvrit. Beaucoup de jeunes parlent avec peu de mots ou en périphrase. Nommer une émotion ou un sentiment par le mot juste est devenu très difficile. Et cela me gêne. Camus disait : « Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde « . Plus on a de vocabulaire, mieux on parvient à penser le monde extérieur et intérieur. Et à améliorer la relation humaine.

Ce manque de vocabulaire n’est-il pas également lié au fait que les jeunes lisent de moins en moins de livres ou de journaux, d’aucuns se contentant de lire les notifications ou des résumés en images?

Certainement, il faut aller vite aujourd’hui. C’est toute la question du rapport au temps aussi que j’aborde dans la dernière partie de mon livre. Nous vivons dans un temps pressé, un temps où il n’est pas question de perdre du temps, un temps où il faut faire le maximum de choses en un minimum de temps, et un temps qui est pris dans un système d’accélération qui s’emballe… L’urgence, l’immédiateté, ne fait pas le lit de l’élégance. L’élégance est plutôt du côté de la lenteur, de la patience. Mais c’est difficile quand on a des enfants, une famille, un travail. Proust parlait des intermittences du cœur…  Comment trouver des intermittences d’élégance ? Comment, de temps en temps, ralentir ? Comment se donner une pause ? Comment suspendre ? Comment ouvrir les bords du temps ?

Finalement, s’agirait-il de se retrouver soi-même pour mieux accueillir l’autre ?

En quelque sorte. Faire silence, faire solitude, un peu, pas trop : c’est un peu dans l’ère du temps. Il y a certainement un retour à ce que Pierre Rabhi appelait la sobriété heureuse. Une période de retraite, une marche, une méditation, la pratique d’un art, la lecture… ce ne peut être que bon. Ce sont des césures, des intermittences et la vie repart après. Je trouve cela bien de l’inscrire dans les jeunes esprits.

« Lélégance , c’est la vertu du peu »

Cela peut-il nourrir l’esprit d’élégance ?

Cela fait peut-être partie d’une élégance temporelle. On n’est pas loin du spirituel, qui n’est pas confessionnel ni de l’ordre de la croyance. Mais le mot spirituel est au bord de toutes les lèvres. Il y a dix ans, on ne le prononçait pas. C’est une espèce de tension vers un ordre supérieur, vers la beauté, la vérité…  Il y a peut-être, on ne sait pas pourquoi, un ailleurs, en tout cas une élévation possible, une singularité – mais un peu plus élevée que la consommation, la matérialité ou la technologie – qui est au service d’un rapport humain plus qualitatif.

Finalement à quoi reconnaît-on une personne élégante ?

Coco Chanel qui disait que c’est la femme qui fait la robe et non le contraire. On le sait bien, l’habit de luxe ne fait pas l’élégance. Cela passerait par la posture, l’allure, une certaine façon d’être à l’autre, de parler, de s’exprimer, de bien nommer, une sorte de singularité mais simple, pas ostentatoire. Je crois que l’élégance c’est la vertu du peu. Notre époque dirait toujours plus, l’élégance dirait point de trop. Notre époque dirait profite, l’élégance dirait savoure. Notre époque dirait toujours plus vite, l’élégance dirait pourquoi tant de hâte ?

Infos pratiques :

L’esprit d’élégance, Résister à la vulgarité du monde, Catherine Ternynck
Desclée De Brouwer, janvier 2026, 17,90 euros.

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