Artiste depuis son plus jeune âge et inspiré de grandes figures comme Keith Haring, Paul Honvo revient sur le devant de la scène artistique avec un nouveau projet intitulé « 1 million d’euros d’or… ou de silence ». Au travers de cette œuvre, il interroge sur la différence entre la valeur tangible et narrative. Au-delà d’un profil d’artiste classique, Paul se distingue par son aspect entrepreneurial, qui, pour lui, est indispensable. Entretien sur les coulisses de ce projet avec son créateur.
Votre dernière œuvre repose sur un concept artistique très fort autour de la notion de valeur. Pouvez-vous nous expliquer ce qui a déclenché cette réflexion ?
Paul Honvo : C’est un concept artistique, donc une œuvre d’art conceptuel que j’ai présenté lors d’une conférence de presse. Le thème, c’est la valeur. L’idée c’était de pousser, mes spectateurs à se poser la question suivante : qu’est-ce qui est le plus important ? Est-ce que c’est la valeur tangible ou la valeur narrative ? La valeur, c’est un sujet qui m’a beaucoup intéressé ces dernières années. Je ne saurais pas vraiment vous dire pourquoi.
C’est une critique de la société en général. Parce que quand on observe bien par exemple si on prend un billet de 50 euros et qu’on va sur une autre planète, ça ne va pas forcément leur parler comme à nous. C’est comme si on avait fait une sorte de pacte collectif pour se dire que ça valait tant, mais finalement, ça ne vaut rien. C’est du papier.
L’art détourné de Paul Honvo pour mieux raconter
Vous mettez en scène des coffres-forts contenant de véritables pièces d’or, inspirés par le chat de Schrödinger. Pourquoi ce choix de matériaux et de symboles ?
Paul Honvo : Le coffre-fort, pour moi, c’est encore une fois un objet qui représente aussi la valeur, qui est directement lié au secret, et au mystère. Donc je me suis dit que c’était un objet qui pourrait parfaitement correspondre à mon projet. L’or est le matériau qui représente le mieux, selon moi, cette notion. C’est le matériau le plus noble au monde et ça parle à tout le monde. À la base, je suis scientifique. J’ai connu le chat de Schrödinger durant mes études, et je l’ai réinterprété sous la forme artistique. Je voulais absolument utiliser du vrai or. Pour cela j’ai organisé des pré-ventes avant de présenter mon concept artistique auprès de mon réseau privé. C’est comme ça que je finance tous mes projets.
Face à ces coffres, le public a le choix de prendre la clé pour vérifier le contenu, ou non. Quel regard portez-vous sur leur réaction ?
Paul Honvo : S’ils choisissent la clé, ça veut dire qu’ils choisissent la valeur tangible. S’ils choisissent de ne pas prendre la clé, ça veut dire qu’ils valorisent plus l’art et donc la valeur narrative. C’est intéressant d’observer la réaction des gens, j’ai déjà eu plusieurs retours. Certains sont frustrés, et veulent absolument savoir ce qu’il y a dans le coffre, d’autres se disent que peu importe, le plus important c’est l’idée de l’or. Je ne porte pas spécialement de jugement, au contraire, j’aime observer les réactions parce que je n’estime pas être un indicateur de bien ou de mal, donc je laisse les laissent décider par eux-mêmes de ce qu’ils souhaitent faire.
Vous assumez un discours très pragmatique, affirmant qu’un artiste doit aussi être un entrepreneur. Pourquoi ce positionnement est-il si rare et important pour vous ?
Paul Honvo : J’aime bien dire que je suis un hybride, c’est-à-dire que j’ai à la fois la casquette d’artiste, à la fois la casquette d’entrepreneur, même si je n’aime pas vraiment ce mot, parce que je pense que on ne peut pas aller loin dans un secteur si on ne réfléchit pas comme cela. J’ai été obligé de développer cet apsect parce que sinon, on ne fait pas de vente. Aujourd’hui, le talent, malheureusement, ne suffit pas. Je pense qu’on est à l’époque des réseaux où l’on est inondé de personnes talentueuses et ce qui va faire la différence, c’est justement ce côté business.
Souvent, ces artistes, sans prétention, ils n’ont pas de vraie stratégie en place. Moi, ma stratégie, elle est claire. J’organise ma conférence de presse, je fais mes openings, je travaille aussi avec un agent à côté. J’ai également une attachée de presse. Avec la bonne équipe, on peut arriver à faire des belles choses dans la vie. Au début, je pensais que je pourrais faire tout moi-même. Je me suis très vite rendu compte que non, ce n’était pas possible.
En savoir plus sur LCV Magazine
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
