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Home A la Une

43ème édition du Festival Mimos : Périgueux, capitale mondiale du geste

LCVmagbyLCVmag
01/07/2026
in A la Une, Calme, Musique - Spectacles
min read8 min
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Du 30 juin au 4 juillet 2026, la cité périgourdine s’apprête à revivre une parenthèse enchantée. Et si nous regrettons la programmation début juillet désormais, peu accessible aux vacanciers en provenance de la France entière, l’équipe de la 43e édition du festival Mimos a fait un pari poétique : celui de la fête et de la joie dans un monde marqué par les tensions internationales.

Réappropriation du patrimoine par le mouvement, où chaque recoin de la ville devient le théâtre d’une humanité, ce festival unique, se raconterait mieux sans mot. Aussi, le coup d’envoi du Festival Mimos sera donné par un projet qui semble défier les lois de la physique et de la logique. Olivier Grossetête, dont les structures monumentales ont déjà conquis la Chine et la Colombie, propose aux habitants de reconstruire ensemble le clocher de la cathédrale Saint-Front. Ce chantier utopique mobilisera 300 participants pour assembler 1.300 cartons sans aucune machine, uniquement à la force des mains et du « vivre ensemble ». Pour cet artiste, formé aux Beaux-Arts de Valence, il s’agit d’inverser symboliquement les rapports de force qui nous lient au monde.

Festival Mimos, les spectateurs de rue, Mathieu Lacout Photo DR
Festival Mimos, les spectateurs de rue, Mathieu Lacout Photo DR

Une fois cette tour de 26 mètres érigée sur le parking Montaigne, elle deviendra le terrain de jeu d’Antoine Le Menestrel. Ce « danseur-alpiniste », qui a marqué l’histoire de l’escalade libre avant de gravir la façade du Palais des Papes à Avignon, habitera cette paroi éphémère par une ascension d’une sensibilité extrême. Il sera porté par la musique d’Étienne Jaumet, figure de proue de l’avant-garde électronique française. Armé de ses synthétiseurs vintage et de son saxophone, il sculpte des grooves « cérébraux et sensuels » pour créer une transe partagée avec le public. L’œuvre ne durera que le temps d’un regard, avant une déconstruction festive où le public sera invité à piétiner les cartons dans un moment de joie régressive.

Mimos, l’épopée verticale et le mime collectif

Parmi les têtes d’affiche les plus attendues pour le festival Mimos 2026, Olivier de Sagazan présentera Toujours, jamais !. Cet artiste, dont la formation en biologie imprègne chaque geste, propose un corps-à-corps viscéral avec une toile monumentale. Ici, le performeur ne peint pas : il frappe, frotte et se projette contre la matière. Les sons de ses impacts et de sa respiration sont captés et transformés en direct, donnant à voir la création à l’état brut.

Festival Mimos, Mathieu Lacout Photo DR
Festival Mimos, Mathieu Lacout Photo DR

À cette lutte solitaire répond la puissance de la Compagnie Dyptik avec Mirage (Un jour de fête). Les chorégraphes Souhail Marchiche et Mehdi Meghari, qui explorent le monde pour enrichir leur langage hip-hop, installent un dispositif immersif où le public entoure huit danseurs. Inspirée des danses traditionnelles du monde entier, cette pièce transforme le cercle en un rituel de résistance face aux injustices, une célébration collective où l’énergie finit par déborder sur les spectateurs.

Le « Focus Catalan » : Empathie et mondes miniatures

Grâce au soutien de l’Institut Ramon Llull, cette édition met en lumière la scène catalane, réputée pour sa créativité dans le théâtre visuel. La Compagnie Ortiga nous invite sous un petit chapiteau pour An-Ki (« Univers » en sumérien), l’histoire d’Adja, une fillette luttant contre les ombres de géants qui menacent sa forêt. C’est un théâtre de marionnettes et d’objets miniature qui force l’intimité et la réflexion écologique.

Dans un registre tout aussi poétique mais plus décalé, la compagnie Llum de Fideu présente Sfumato. Ce spectacle itinérant cherche à brouiller les frontières de notre humanité en nous demandant si nous pouvons éprouver de l’empathie pour un arbre en cravate ou un poisson en imperméable. Une réflexion sensible sur les liens que nous tissons avec les autres espèces dans l’espace public. Pour les plus jeunes, Engruna Teatre propose Univers, une expérience sensorielle où les bébés de moins de deux ans circulent librement au milieu des interprètes et d’une musique live, explorant la vulnérabilité et l’harmonie du cosmos.

Humour noir et audace du geste

Le festival sait aussi se faire grinçant. La compagnie belge Still Life, de retour après son succès avec Flesh, présente Timber. Sophie Linsmaux et Aurelio Mergola y dépeignent, sans paroles, une humanité qui va « formidablement mal ». Entre sketches hyperréalistes et parodie jouissive, ils mettent en scène le déclin contemporain avec un sens de l’exagération qui pousse au rire salvateur face au chaos. De son côté, Elsa Couvreur livre avec Après le bip sonore une satire acérée des dérives technologiques. Ce solo kafkaïen met aux prises une femme et un répondeur automatique dont les injonctions absurdes provoquent une lente descente vers l’inacceptable, une dystopie bureaucratique qui fait « pouffer de rire jaune ».

Festival Mimos 2025, Photo DR
Festival Mimos 2025, Photo DR

L’édition Mimos 2026 explore également les marges et les identités. La Maison de La, collectif drag de Bordeaux, investit le gymnase Saint-Georges pour Bestiaire / Vestiaire. Ce dîner-cabaret contemporain n’est pas une narration linéaire, mais une suite de métamorphoses et de défilés où les corps jouent de leurs sens sociaux. Dans l’intimité brute, Sarah Baltzinger et Isaiah Wilson exposent leur couple dans Megastructure. Sans musique ni décor, le duo se démonte et se réinvente comme un puzzle humain, utilisant la percussion des corps pour générer sa propre musicalité. Enfin, Sylvain Groud s’associe à l’artiste Françoise Pétrovitch pour Des chimères dans la tête, où les interprètes s’amusent d’illusions d’optique pour donner vie à des créatures étranges sortant des peintures au lavis projetées à l’écran.

Le « Off » et la vie du Village : L’âme de Périgueux

Au-delà des salles dédiées au Festival Mimos, c’est toute la ville qui respire au rythme du « Off » tous les ans, avec près de 100 représentations. On y retrouvera des habitués comme Les GüMs, dont le spectacle Stoïk avait reçu le Prix du Public en 2014, mettant en scène Monsieur et Madame Tout-le-Monde dans un monde burlesque où l’on veut toujours « bien faire pour mieux rater ». La lituanienne Agnė Muralytė reviendra également avec Umama, manipulant quatre masques pour explorer les sacrifices d’une femme dévouée aux autres.

Festival Mimos 2025, Photo d'illustration DR, Anki CiaOrtiga.
Festival Mimos 2025, Photo d’illustration DR, Anki CiaOrtiga.

Le cœur battant du festival restera son Village sur l’esplanade Robert Badinter. Entre deux spectacles, les festivaliers pourront y déguster les saveurs libanaises d’Al Mosaïc ou les burgers d’En Toute Sain’Plicité, avant de se laisser emporter par les concerts gratuits de Planète Fantôme ou Special Friend. La clôture sera confiée à Super Parquet, un groupe « mutant » fusionnant le folklore auvergnat (cabrette, banjo) avec la puissance brute des raves techno. Un « accident heureux » qui prouve, une fois de plus, que MIMOS est ce temps suspendu où le patrimoine se conjugue au futur pour créer de la poésie et du partage.

Dates et Lieux

Dates : Le festival se déroule du mardi 30 juin au samedi 4 juillet 2026.

Lieux : Les représentations ont lieu à travers toute la ville de Périgueux (Parking Montaigne, Le Théâtre, Le Palace, parcs de Vésone et Gamenson, jardins des Arènes et de la Visitation, etc.) ainsi qu’à l’Agora de Boulazac.

Billetterie et Réservations

Ouverture : Les places sont en vente à partir du 19 mai 2026.

Modes d’achat :

En ligne : sur billetterie.odyssee-perigueux.fr

Par téléphone : au 05 53 53 18 71.

Sur place : au Théâtre, du mardi au vendredi (9h30-12h30 / 14h-17h30) et le lundi (14h-17h30).

Pendant le festival : La billetterie est ouverte de 10h à 19h du mercredi 1er au samedi 4 juillet.

Tarifs

Tarif Pass : Accessible dès l’achat de 4 spectacles.

Tarif Réduit : Pour les groupes (+10 pers.), familles nombreuses, salariés d’entreprises mécènes et adhérents de L’Odyssée.

Tarif Mini : Pour les moins de 30 ans, demandeurs d’emploi, bénéficiaires du RSA, étudiants et personnes en situation de handicap.

Cas particulier : Le dîner-cabaret est au prix unique de 25 €.

Le Village du Festival

Situé sur l’esplanade Robert Badinter, il propose un point info, un bar, des foodtrucks et des concerts gratuits.

Horaires : Mercredi et jeudi de 10h à 23h30 ; vendredi et samedi de 10h à 1h.

Activités gratuites et services

Trainings du matin : Séances de 1h ouvertes à tous, tous les jours à 10h à la Salle Sécrestat (tenue de sport conseillée).

Application MIMOS : Pour consulter le programme, se diriger dans la ville et voter pour les prix du OFF.

Jeux pour enfants : Le samedi 4 juillet de 16h à 20h au Village.


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