Dans le cadre de sa série de “cartes blanches” offertes à des artistes contemporains, le Petit Palais consacre à Bilal Hamdad une exposition intitulée “Paname”, qui réunit une vingtaine d’oeuvres dont deux créées spécialement pour l’événement. L’artiste né en 1987 à Sidi Bel Abbès, en Algérie, est ainsi projeté dans la stratosphère de l’Art contemporain mondial, il inscrit son nom au sein de l’une des plus grandes adresses muséales à Paris.
A partir de photographies prises au fil de l’eau, lors de ses déambulations urbaines, les peintures de Bilal Hamrad transpirent de vérité, par tous les pores de la peau. En unité de lieu sortie de métro, un marché improvisé, une terrasse de café, et des humains agrégés autour, sous toutes leurs déclinaisons, affairés ou pensifs. Les tableaux exposés du 17 octobre 2025 au 8 février 2026, au Petit Palais sont très denses, et maîtrisés dans le trait, rien est laissé au hasard. Et si l’oeuvre reste encore jeune, parfois trop rigoureuse à tous les endroits, les détails observés au pied sont des cadeaux, cela jusqu’aux profondeurs du second plan, qui révèle sur toutes les propositions, des regards remplis d’histoires du quotidien.

Formé d’abord à l’École régionale des Beaux-Arts de sa ville natale, Hamrad s’installe ensuite à Paris, où il poursuit ses études à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts. Capitale française où il vit désormais, et produit cette oeuvre documentaire constituée de moments volés, à la vie des anonymes. Témoin du monde qui l’entoure, il interroge la démarche de faire Art, sur une planète ultra-relayée, par des images sous tous les formats imaginables. Quid de la peinture qui met sous cloche un instant, pour arrêter le temps et offrir suffisamment de latitude pour regarder, vraiment ? En vide et en pleins, des bouffées de foule comme de solitude, les oeuvres d’Hamrad offrent un tourbillon vivant, c’est certain.
Karine Dessale

