Pas de résultat
Visualiser les résultats
  • Login
LCV Magazine
  • Luxe
    • Design – Décoration
    • Mode – Accessoires
    • Horlogerie – Joaillerie
  • Calme
    • Cinéma – Séries
    • Musique – Spectacles
    • Expositions – Livres
  • Esperluette
    • Éthique – Durable
    • News – International
    • Idées – Prospective
    • Talents – Portraits
  • Volupté
    • Vins – Gastronomie
    • Voyages – Hôtellerie
    • Bien-être – Beauté
  • Luxe
    • Design – Décoration
    • Mode – Accessoires
    • Horlogerie – Joaillerie
  • Calme
    • Cinéma – Séries
    • Musique – Spectacles
    • Expositions – Livres
  • Esperluette
    • Éthique – Durable
    • News – International
    • Idées – Prospective
    • Talents – Portraits
  • Volupté
    • Vins – Gastronomie
    • Voyages – Hôtellerie
    • Bien-être – Beauté
Pas de résultat
Visualiser les résultats
LCV Magazine
Pas de résultat
Visualiser les résultats
Home A la Une

Galerie Rigail : 89 artistes pour l’exposition la « Quadrature du Cercle » ou l’impossible comme territoire artistique

Carole SchmitzbyCarole Schmitz
26/05/2026
in A la Une, Calme, Expositions - Livres
min read6 min
Partager sur FacebookPartager sur TwitterPartager sur Linkedin

La Quadrature du Cercle n’est pas une exposition. C’est une collision. Une collision entre générations, écritures, territoires visuels et mémoires urbaines. À la Galerie Laurent Rigail, les murs cessent d’être de simples surfaces d’accrochage pour devenir les fragments d’une ville imaginaire où quatre-vingt-neuf artistes composent un langage commun sans jamais renoncer à leur singularité. Le titre emprunte à l’impossible mathématique ; il devient ici une métaphore de l’art contemporain lui-même : tenter de faire coexister l’inconciliable, donner une forme à ce qui, théoriquement, ne peut en avoir.

Une exposition manifeste

Depuis plusieurs décennies, Laurent Rigail construit une ligne curatoriale qui échappe aux classifications paresseuses. Parler uniquement de “street art” serait réduire l’ambition du projet. Certes, l’histoire du graffiti y est présente comme une pulsation originelle — une énergie fondatrice née du métro new-yorkais, de la vitesse, du risque et de la signature. Mais La Quadrature du Cercle démontre surtout combien cet héritage a contaminé l’ensemble de l’art contemporain. Chez JonOne, la peinture demeure un acte physique, presque musical. Les projections chromatiques, les superpositions nerveuses et les vibrations de surface rappellent que son abstraction vient de la rue avant de rejoindre les cimaises.

Galerie Laurent Rigail, White Bubble, Photo DR
Galerie Laurent Rigail, White Bubble, Photo DR

Crash, autre figure historique du « writing » américain, conserve quant à lui cette capacité rare à faire dialoguer culture populaire, mémoire du graffiti et composition picturale avec une fluidité intacte. Tous deux incarnent ce moment où le graffiti a cessé d’être perçu comme un geste marginal pour devenir un vocabulaire plastique à part entière. À cette énergie urbaine répond le travail d’Éric Lacan, dont les compositions fragmentées, faites de lettres déconstruites et de strates colorées, transforment l’écriture en matière sensible. Chez lui, le texte disparaît progressivement dans la peinture, comme une mémoire visuelle en train de se dissoudre. Une tension entre lisibilité et abstraction qui dialogue naturellement avec les recherches graphiques de Veks, dont l’univers foisonnant mélange typographie, illustration et saturation chromatique dans une esthétique profondément contemporaine.

Cartographies intérieures à la Galerie Laurent Rigail

Mais l’exposition refuse précisément toute lecture historique figée. Elle préfère la circulation des formes. Fabien Verschaere, disparu récemment, y introduit une dimension intérieure, presque organique. Son univers peuplé de figures flottantes, de présences hybrides et de narrations mentales agit comme un territoire psychique au milieu du tumulte urbain. Ses œuvres semblent surgir d’un rêve traversé par l’enfance, l’angoisse et la métamorphose. Elles rappellent que l’imaginaire contemporain ne se nourrit plus seulement de la ville, mais aussi des failles intimes qu’elle produit.

Galerie Laurent Rigail, Monkeybird, Photo DR
Galerie Laurent Rigail, Monkeybird, Photo DR

Cette porosité des mondes apparaît également dans les œuvres de Quentin DMR, où le signe devient matière, ou chez Monkeybird, dont les compositions architecturales évoquent autant les enluminures médiévales que les cartographies urbaines. Le duo construit des espaces suspendus entre sacré et ruine, entre mémoire ornementale et tension contemporaine. Dans un registre plus contemplatif, Gottfried Salzmann introduit une respiration singulière au sein de cette densité visuelle. Ses paysages urbains et ses architectures vaporeuses, baignés de transparences et de lumières diffuses, apportent une dimension presque silencieuse à l’exposition. Face à l’intensité graphique de certaines œuvres, Goetfried Salzmann rappelle que la ville peut aussi être un espace de suspension et de dérive poétique.

La rue comme matière vivante

Plus loin, Rebecca(!) Fabulatrice injecte dans l’exposition une forme de narration instinctive, presque sauvage. Ses œuvres fonctionnent comme des poèmes visuels traversés de fragments, d’ironie et de mythologies personnelles. Sike, Mara ou Agrume prolongent cette idée d’un art en mouvement, indiscipliné, refusant les frontières entre illustration, graffiti, art brut ou expérimentation graphique.

Galerie Laurent Rigail, Costa, St Voiture, Photo DR
Galerie Laurent Rigail, Costa, St Voiture, Photo DR

Avec Fernando Costa, la ville devient littéralement sculpture. Les panneaux métalliques récupérés, les fragments de signalétique et les surfaces accidentées composent une archéologie contemporaine où la rue cesse d’être représentée pour devenir matériau. Chaque œuvre porte les cicatrices du réel : impacts, rouille, abrasion, mémoire des flux urbains. Cette réflexion sur l’espace urbain trouve un écho particulièrement fort dans le travail de Lek et Sowat. Héritiers d’une génération qui a transformé les friches, tunnels et architectures abandonnées en terrains d’expérimentation artistique, ils déplacent le graffiti vers une dimension presque conceptuelle. Leur approche dépasse le simple geste pictural : elle interroge la mémoire des lieux, l’occupation de l’espace et la possibilité même d’une poésie dans les ruines contemporaines. Chez eux, la ville devient un organisme mental autant qu’un territoire physique.

Une esthétique du frottement

Ce qui frappe surtout dans La Quadrature du Cercle, c’est son refus de la hiérarchie. Les figures internationales y côtoient les artistes émergents sans distinction de statut. L’exposition ne cherche jamais à produire une démonstration académique ; elle fonctionne plutôt comme un organisme vivant, dense, saturé, parfois chaotique, mais profondément cohérent dans sa manière de refléter l’état actuel de la création contemporaine.

Galerie Laurent Rigail, Crash Aerosol, Photo DR
Galerie Laurent Rigail, Crash Aerosol, Photo DR

Car aujourd’hui, les artistes ne travaillent plus à l’intérieur de mouvements fermés. Ils circulent entre les disciplines, absorbent les cultures populaires, numériques, musicales, urbaines ou artisanales. Ils mélangent peinture, assemblage, récit, calligraphie, architecture mentale et mémoire collective. La Quadrature du Cercle capte précisément cet instant de bascule où les catégories explosent.

L’impossible fécond

L’exposition pose alors une question essentielle : que reste-t-il des frontières artistiques à une époque où tout dialogue avec tout ? La réponse est peut-être là, dans cette accumulation volontairement vertigineuse d’univers visuels. Non pas une confusion, mais une cartographie sensible du monde contemporain. Un monde fragmenté, traversé de signes, saturé d’images, où l’art tente encore — malgré tout — de créer du lien entre des réalités contradictoires.

Galerie Laurent Rigail, Amandine Urruty, Rooms, Photo DR
Galerie Laurent Rigail, Amandine Urruty, Rooms, Photo DR

La quadrature du cercle n’existe pas. Mais Laurent Rigail démontre qu’en art, les impossibilités sont souvent les territoires les plus féconds.

Informations pratiques :`

LA QUADRATURE DU CERCLE

Du 20 mai 20 juin, du mardi au samedi de 11h à 19h

Galerie Laurent Rigail : 40, rue Volta Paris (3e).

www.laurentrigail.com


En savoir plus sur LCV Magazine

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Post précédent

6 restaurants parisiens où goûter une cuisine théâtrale dépaysante

Post suivant

Le Bloomy Spa : une renaissance sensorielle au cœur de Paris

Carole Schmitz

Carole Schmitz

Journaliste et passionnée d’art et de photographie, Carole Schmitz navigue depuis toujours entre médias, art, luxe et art de vivre. Sa plume s’invite dans des titres prestigieux où elle signe portraits, interviews et reportages.Forte de son expérience entre presse écrite et télévision, elle a développé un regard singulier sur la création contemporaine et tisse des liens privilégiés avec de nombreuses personnalités. Pour LCV Magazine, elle partage son goût pour les histoires humaines et les regards sur le monde, offrant des portraits et des interviews qui mêlent sensibilité et curiosité.

Contenus liés Posts

A la Une

Karin Warin : « La réussite enferme beaucoup plus qu’elle ne libère »

byMaya Delahaye
11 juin 2026
Maison Devienne, Photos DR
A la Une

Maison Devienne : l’Odyssée chromatique entre les lagons de Tahiti et la soie de Lyon

byLCVmag
10 juin 2026
Château Lascombes
A la Une

Château Lascombes : Margaux comme on ne l’avait pas encore raconté

byJulia Bouchet
9 juin 2026
Le Bayadère signé Oscar Lucien Ono, le restaurant l'Élysia, Photo DR Francis Amiand
A la Une

Oscar Lucien Ono : la singularité du design contemporain de Maison Numéro 20

byCarole Schmitz
8 juin 2026
Pour l’été, Moët & Chandon poursuit sa collaboration avec Pharrell Williams. WORLD ECONOMIC FORUM/swiss-image.ch/Photo Monika Flueckiger
A la Une

Moët & Chandon & Pharrell Williams : le champagne se réinvente sur glace cet été

byJulia Bouchet
6 juin 2026
Charlote Cardin, autrice-compositrice et interprète, sera au Festival We Love Green 2026, photo DR Sise Drummond
A la Une

Le festival We Love Green 2026 : quand la musique s’engage sincèrement pour notre avenir commun

byMaya Delahaye
5 juin 2026
Post suivant
Soin Bloomy Spa, Photo DR Adrien Ozouf fournie par le service de presse.

Le Bloomy Spa : une renaissance sensorielle au cœur de Paris

Marilyn Monroe (1952), © FRENCH CONNECTION FILMS

Marilyn Monroe aurait 100 ans aujourd'hui : une exposition célèbre la légende à la Cinémathèque

LCV Magazine

© 2026 LCV Magazine

À propos

  • Qui sommes nous ?
  • Contactez-nous
  • Mentions légales
  • Kit Média 2026

Nous suivre

Pas de résultat
Visualiser les résultats
  • Luxe
    • Design – Décoration
    • Mode – Accessoires
    • Horlogerie – Joaillerie
  • Calme
    • Cinéma – Séries
    • Musique – Spectacles
    • Expositions – Livres
  • Esperluette
    • Éthique – Durable
    • News – International
    • Idées – Prospective
    • Talents – Portraits
  • Volupté
    • Vins – Gastronomie
    • Voyages – Hôtellerie
    • Bien-être – Beauté

© 2026 LCV Magazine

Welcome Back!

Login to your account below

Forgotten Password?

Create New Account!

Fill the forms bellow to register

All fields are required. Log In

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Log In
Gérer le consentement
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’utilisateur.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’utilisateurs afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Voir les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}

En savoir plus sur LCV Magazine

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture