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Home Esperluette

Pour un journalisme éthique généralisé, face à la défiance des français

Karine DessalebyKarine Dessale
09/04/2026
in Esperluette, LCVMagazine, News et International
min read8 min
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Journaliste chevronné, Pierre Ganz est une figure centrale du Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM). Début février, lors d’un échange avec des étudiants qui se destinent à des carrières au sein des médias, il a partagé son expérience et encouragé leur génération à cultiver le doute méthodique pour préserver la confiance du public, et la santé de la démocratie.

Étudiant : Pierre Ganz, pouvez-vous revenir sur les grandes étapes de votre parcours de près de 50 ans dans les médias ?

Pierre Ganz : J’ai commencé par le CFJ à Paris, avant d’effectuer l’essentiel de ma carrière en radio : Sud Radio, France Culture, France Inter, RMC et enfin RFI. J’y ai occupé presque tous les postes imaginables, de reporter à chroniqueur judiciaire, jusqu’à devenir directeur de l’antenne puis directeur du multimédia à une époque charnière, vers 2008, où il fallait intégrer les nouveaux outils numériques. Parallèlement, j’ai toujours porté une parole collective via le syndicalisme, car je suis convaincu qu’un journaliste ne peut exercer sans une structure solide et le respect de règles professionnelles strictes.
Étudiant : Qu’est-ce qui vous a poussé, à l’heure de la retraite, à vous engager dans la création du CDJM ?
Pierre Ganz : Tout mon parcours a été guidé par deux convictions profondes : d’abord, que le rôle du journalisme est absolument essentiel à la vie publique et à la santé de la démocratie ; ensuite, qu’il n’y a pas de journalisme sans déontologie. En 2010, alors que je quittais mes fonctions, j’ai rejoint des confrères qui réfléchissaient à créer un organe d’autorégulation en France. Pour moi, il y avait une continuité totale entre mes combats syndicaux de jeunesse, et mon travail actuel au CDJM. Il s’agit ici de défendre une responsabilité sociale, et une exigence de rigueur indispensables à la crédibilité de notre métier.
pierre ganz
Pouvez-vous définir précisément ce qu’est le CDJM et quel est son objectif principal ?
Pierre Ganz : Le Conseil de déontologie journalistique et de médiation est ce qu’on appelle internationalement un « conseil de presse ». C’est un groupement indépendant de professionnels (journalistes et éditeurs) ouvert aux représentants du public, dont le but est de répondre aux interrogations des citoyens sur le respect des bonnes pratiques. Comme un artisan doit travailler selon les « règles de l’art » pour que son ouvrage soit solide, le journaliste doit suivre des règles éthiques pour produire une information de qualité au service du public. Le conseil est là pour réfléchir à ces règles et garantir que l’information reste un bien commun protégé.
Comment le CDJM est-il structuré pour garantir son indépendance et sa représentativité ?
Pierre Ganz : C’est une question de culture politique. En France, le journalisme s’est construit comme un prolongement du débat intellectuel et politique, inspiré par des figures comme Zola ou Clemenceau, privilégiant souvent l’opinion sur le fait brut. Cette tradition a poussé la profession à refuser tout regard extérieur, prétendant ne rendre de comptes qu’à ses « pairs », ce qui revenait en réalité à n’en rendre à personne. À cela s’est ajouté le traumatisme de Vichy, qui a longtemps fait assimiler tout « conseil de l’ordre » à une structure de contrôle étatique, retardant ainsi l’émergence d’une véritable autorégulation indépendante.
Pourquoi la France a-t-elle mis plus d’un siècle à se doter d’un tel conseil, contrairement aux pays nordiques ?
Pierre Ganz : Nous reposons sur un tripartisme strict : un collège de journalistes, un collège d’éditeurs et un collège représentant le public, à parts égales dans toutes nos instances. Nous excluons délibérément les structures politiques pour éviter que les débats déontologiques ne se transforment en affrontements politiciens ou « campistes ». Que ce soit à l’assemblée générale ou au conseil d’administration, aucun collège ne peut imposer sa volonté aux autres grâce à des règles de quorum précises, garantissant ainsi que nos avis reflètent une vision équilibrée de l’intérêt général.
Quels sont les manquements déontologiques les plus fréquemment signalés par les citoyens ?
Pierre Ganz : Le grief principal est, de loin, l’inexactitude. Cela peut aller d’une photo de la mauvaise ville illustrant un sujet sur la propreté urbaine à des graphiques de sondages visuellement trompeurs. Ces erreurs, même mineures en apparence, décrédibilisent l’ensemble du travail médiatique aux yeux du public. Nous voyons aussi monter les saisines concernant l’absence d’offre de réplique — le fait de ne pas donner la parole à une personne mise en cause — et les atteintes à la dignité humaine ou au respect de la vie privée.
Quelle est la procédure concrète lorsqu’un citoyen vous saisit à propos d’un article ?
Pierre Ganz : Sur les saisines recevables, nous formons une « triplette » composée d’un journaliste, d’un éditeur et d’un membre du public qui mène l’enquête bénévolement. Nous contactons le média concerné pour obtenir ses arguments en défense, créant ainsi un espace de contradiction proche de la procédure judiciaire, mais fondé sur le « droit mou » de la déontologie. Finalement, le conseil plénier délibère pour dire si le grief est fondé ou non. Ce travail construit petit à petit une jurisprudence qui sert de repère pédagogique pour l’ensemble de la profession.
Existe-t-il un lien prouvé entre la présence d’un conseil de presse et le niveau de confiance démocratique ?
Pierre Ganz : Les chiffres de l’Institut Reuters montrent une corrélation frappante : dans les pays où des conseils de presse existent depuis des décennies, comme en Finlande, le taux de confiance atteint 65 %. En France, où nous avons longtemps manqué de ce médiateur, ce taux stagne entre 27 et 30 %. Le rôle du CDJM est précisément de restaurer ce lien en montrant que la presse est capable de reconnaître ses erreurs publiquement. L’affaire Alix Bouilhaguet, où France Télévisions a corrigé ses propres erreurs après une interview ratée, montre que cette culture de la transparence progresse enfin.
Vous parlez du « commentarisme » comme d’une maladie mortelle. Comment menace-t-il la démocratie ?
Pierre Ganz : Le « commentarisme » est cette dérive où l’on privilégie l’expression de points de vue non étayés par des faits, présentés abusivement comme du journalisme. Aujourd’hui, le public confond souvent les reporters de terrain avec les éditorialistes de plateau, ce qui nourrit une défiance généralisée. L’éditorialiste qui prétend ne pas avoir besoin du terrain, car il serait « pollué » par la réalité, dénature notre mission. Le journalisme, c’est avant tout être le témoin de l’instant et l’historien du présent en répondant aux questions : qui, quoi, où, comment et pourquoi.
Le journalisme porte-t-il une responsabilité dans la crise politique actuelle et la montée des extrêmes ?
Pierre Ganz : On ne peut nier une certaine responsabilité de la profession, qui s’est parfois éloignée de la réalité vécue par les Français, comme lors de la crise des gilets jaunes. Je critique vivement la facilité des « micro-trottoirs » qui se contentent de filmer des gens mécontents dans les embouteillages, sans jamais expliquer les causes structurelles du problème. Cette paresse journalistique, qui privilégie l’image facile au détriment de l’analyse, finit par donner l’impression aux citoyens qu’on se moque d’eux, ce qui les pousse vers des discours radicaux.
Comment voyez-vous l’avenir de la radio et de la télévision face à la révolution numérique ?
Pierre Ganz : Les supports changent, mais le besoin de son et d’image demeure. Le podcast est une évolution technologique majeure qui préserve l’essence de la radio. Si les « grandes messes » du JT déclinent chez les jeunes, le besoin d’un résumé rigoureux de l’actualité reste un pilier démocratique. Le grand danger est la dérive vers le talk-show permanent à la Fox News, qui délaisse l’information pour le spectacle et l’opinion. L’avenir dépendra de la capacité des médias à proposer des séquences brèves et fiables plutôt que du remplissage polémique.
Les influenceurs comme HugoDécrypte font-ils, selon vous, un travail de journaliste ?
Pierre Ganz : Dès lors qu’ils rapportent des faits avec rigueur, sans idéologie préconçue et dans l’intérêt exclusif du public, oui, c’est du journalisme. La difficulté réside dans le mélange des genres : certains influenceurs utilisent leur voix journalistique pour faire de la promotion commerciale (comme pour des VPN), ce qui brouille la perception du public. Pour conserver leur crédibilité, ils doivent impérativement séparer l’information du financement, comme la publicité est séparée des articles dans un journal traditionnel, afin de ne pas transformer un discours de vérité en un discours mercantile.
Quel est le conseil le plus important que vous donnez aux futurs journalistes ?
Pierre Ganz : Cultivez le doute, sans relâche. Il n’y a rien de pire que d’arriver sur un sujet armé de certitudes ou de vouloir conformer la réalité à une commande éditoriale préétablie, comme ce journaliste à qui l’on demandait de filmer une foule inexistante pour la sortie d’un livre. Un bon journaliste doit toujours se demander pourquoi on lui donne une information, quel est l’intérêt de sa source et s’il est possible de recouper les faits par un autre canal. Le doute n’est pas une faiblesse, c’est l’armure de l’honnêteté intellectuelle face aux tentatives de manipulation.
Pour conclure, avez-vous un message à porter auprès de la jeunesse, pour le futur de la démocratie et de l’information ?
Pierre Ganz : Je suis optimiste car c’est vous, la nouvelle génération, qui avez en main le journalisme de demain. Vous n’allez pas seulement exercer un métier, vous allez porter un rôle démocratique crucial : la qualité de votre travail déterminera la qualité du débat public. Si vous travaillez avec rigueur, exactitude et que vous acceptez le regard critique d’un conseil de déontologie comme une aide plutôt que comme une contrainte, alors le journalisme retrouvera sa place de pilier de la liberté. C’est à vous de jouer pour que l’exigence de vérité, l’emporte sur le bruit.

Pour aller plus loin :

Le site du CDJM

Le Blog de Pierre Ganz

Cet interview a été mené par Charlène Defoort, Lou Frostin, Maya Delahaye, Alexandre Ligneul, Brieuc Le Pivert, Jules Bento, Clément Dias, Anna Bianchina, Gabriel Veilleux, Sacha Clarté, Adam Guilloteau, étudiants à l’EFJ Paris, sous la supervision de Karine Dessale.


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Fondatrice de LCV Magazine en 2009, la journaliste Karine Dessale a toujours souhaité qu'il soit un "média papier en ligne", et la nuance veut tout dire. A savoir, un concept revendiqué de pages à manipuler comme nous le ferions avec un journal traditionnel, puis que nous laisserions traîner sur la table du salon, avant de nous y replonger un peu plus tard... Le meilleur compliment s'agissant de LCV ? Le laisser ouvert sur le bureau de son Mac ou de son PC, avec la B-O en fond sonore, qui s'écoule tranquillement...

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