Avec 18.600 abonnés Instagram adeptes de sa poésie, Sarah Avena est une artiste provençale et vit ses émotions à l’abri des regards. Pourtant, loin du cliché de l’artiste isolée, cette jeune poète pudique jongle entre son quotidien et l’écriture de ses recueils. Elle s’apprête à faire ses premiers pas au théâtre.
L’anecdote d’un mot emprunté à un abonné sur les réseaux sociaux, un néologisme devenu son identité. « Il y a quelques années, on m’avait dit que je faisais de la poésie à Paris, donc je n’étais pas parisienne mais poésienne. J’ai adoré ce mot alors je lui ai piqué », confie dans un sourire celle qui promène désormais son art dans la capitale. Originaire de Provence, elle a trouvé à Paris le décor idéal pour donner une résonance concrète à ses émotions, décrivant la ville comme « un musée à ciel ouvert » où « l’inspiration est partout ».
Écrire la poésie, un besoin viscéral
Pourtant, elle n’arrive pas à vivre de l’écriture. Loin du cliché de l’artiste déconnectée du réel, elle jongle au quotidien entre son activité de social media manager indépendante et un travail pour une production de cinéma. Une réalité qu’elle assume pleinement, et affectionne ses nuits pour ce qu’elle qualifie de véritables « rencarts avec moi-même ». Le vendredi soir, face à son clavier, musique en fond, le temps s’arrête. « Pour moi, c’est la liberté d’exister et de se dire on n’a qu’une vie », explique-t-elle pour définir ce besoin viscéral, presque thérapeutique, apparu dès l’âge de 8 ans dans les pages d’un journal intime.
Même si elle aimerait avoir plus de temps à consacrer à l’écriture, elle ne se voit pas être soumise à des contraintes de temps et à la pression de produire de manière professionnelle. C’est justement cette liberté qui lui permet d’être aussi créative et d’apprécier ces moments d’introspection. « Si j’étais obsédée par la réussite, je pense que j’aimerais moins ce que je fais », indique Sarah. La poète ne craint pas de s’isoler pendant des heures avec ses propres pensées. Pour elle, tous ses textes, même fictifs, prennent racine dans ses questionnements quotidiens.
L’amour est toujours au premier plan
Avec une personnalité réservée, Sarah intègre ses propres émotions à travers ses textes, que cela soit sur les réseaux sociaux ou dans ses livres. Après avoir exploré la résilience amoureuse dans un premier recueil intitulé Sur ce sentiment inconnu, elle s’attaque aujourd’hui à un nouveau défi, l’écriture d’un roman centré sur la mélancolie dans lequel « les protagonistes ne savent pas s’aimer ». Toujours sur le thème de l’amour, ce nouveau défi est différent de ses projets habituels. Inspiré de ses propres expériences, il n’est pas facile pour cette artiste de se mettre à nu et de parler de son propre vécu. « Je suis très pudique au niveau de mes émotions même si mes mots ne le sont pas ».
Au-delà des réseaux sociaux, le public s’apprête à la découvrir pour la première fois au théâtre. Le 22 juin prochain, elle sera sur scène à la Scène parisienne pour un spectacle intitulé Le Clan des poétesses. Dans ce projet, on la retrouve auprès de deux autres poètes dans une prestation qui mélange poésie, danse, musique et humour. Mise en scène par Bruno Romier, cette pièce plonge le public dans une ambiance nouvelle et très actuelle. Ce projet est aux antipodes de tout ce qu’avait pu faire Sarah jusque-là. En partageant la scène avec d’autres jeunes femmes aux styles de poésie différents, elle sort de sa zone de confort et de sa solitude pour se confronter à l’exigence des spectateurs.
Les réseaux sociaux, un saut dans le vide
Mais la jeune poète ne le voit pas de cet œil. « C’est plus angoissant de partager sur les réseaux sociaux que de monter sur scène », explique-t-elle d’un air sérieux. Le théâtre, contrairement aux plateformes, est constitué d’un public qui a envie d’être là pour assister à une performance et qui ne juge pas la personne en elle-même, mais son travail.
L’appréhension sur les réseaux sociaux, Sarah la connaît. Avec plus de 18 600 abonnés sur Instagram, son compte était au début une simple page personnelle où elle postait ses poésies, mais il a vite pris de l’ampleur. Dotée d’une image soignée et maîtrisée, la jeune poète éprouve des difficultés à se détacher de ses habitudes. Exerçant dans le domaine de la gestion des réseaux sociaux, elle porte une attention constante à ses publications. « Je relis 50 fois ce que j’écris et j’hésite toujours avant de poster quelque chose », soupire-t-elle, les sourcils froncés. Malgré tout, la jeune femme passe au-dessus de ce stress et partage sa vision à elle de la vie et des sentiments. Mais qu’elle soit derrière un écran ou sous les projecteurs du théâtre « La Scène parisienne », une chose est sûre : la « poésienne » n’a pas fini de faire vibrer la capitale avec ses mots.
Informations Pratiques :
La Scène Parisienne
34 Rue Richer, 75009 Paris, France
Dates
22 Juin 2026
Horaires
Lundi 21:15
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