La 97e cérémonie des Oscars s’est déroulée ce dimanche 2 mars au Dolby® Theatre d’Hollywood. Et les grands gagnants de la soirée ne sont autres que Zoé Saldaña, Adrien Brody ou encore Anora.
« And the Oscar goes to… ». Chaque année, les amoureux du septième art attendent avec impatience la cérémonie des Oscars. Diffusé sur la chaîne ABC, elle attire plus d’une quinzaine de millions de spectateurs Américains chaque année. Cette année, les téléspectateurs français qui ont veillé pour assister en direct à la 97e remise de prix américaine se sont donnés rendez-vous sur la plateforme de streaming Disney+ pour voir si les frenchies Jacques Audiard et son film Emilia Pérez ou encore Coralie Fargeat et The Substance allaient remporter des statuettes.
Seulement deux Oscars pour Emilia Pérez
Avec 12 nominations, Emilia Pérez faisait partie des favoris. Mais les tweets polémiques de l’une de ses actrices, Karla Sofia Gascón, a ruiné les chances du film de rafler la mise. En effet, Jacques Audiard et ses équipes ne sont repartis qu’avec deux précieuses statuettes, dont celle de la meilleure chanson originale pour El Mal de Camille et Clément Ducol. Une statuette remise par un monstre de l’industrie musicale, le seul et l’unique Mick Jagger.
« Nous avons écrit ‘El Mal’ comme une chanson visant à dénoncer la corruption », a expliqué la chanteuse, avant de rappeler que « le rôle que l’art peut endosser comme une force pour le bien et le progrès dans le monde ». C’est la deuxième fois que des Français remportent l’Oscar de la chanson originale, après Michel Legrand en 1969 avec« The Windmills of Your Mind », bande-originale du film L’Affaire Thomas Crown avec Steeve McQueen et Faye Dunaway.
La consécration pour Zoé Saldaña
Autre statuette remportée par Emilia Pérez, et pas des moindres, l’Oscar du meilleur second rôle féminin décroché par Zoé Saldaña. Après avoir raflé les prix des plus prestigieuses cérémonies, l’actrice devient la premier femme d’origine dominicaine à recevoir cette précieuse reconnaissance. « Merci à l’Académie d’avoir reconnu l’héroïsme discret et la puissance d’une femme comme Rita Moro Castro, et d’avoir parlé des femmes puissantes », a-t-elle fait savoir, espérant « ne pas être la dernière » .
Non sans émotion, elle a livré un discours poignant en évoquant ses origines, à l’heure où Donald Trump multiplie les expulsions de migrants originaires de pays d’Amérique latine : « Ma grand-mère est arrivée dans ce pays en 1961. Je suis fière d’être l’enfant de parents immigrés. (…) Le fait que je reçoive un prix pour un rôle où j’ai pu chanter et parler en espagnol (compte énormément). Ma grand-mère, si elle était là, serait tellement heureuse.
Adrien Brody et Anora oscarisés
Du côté des acteurs, c’est Adrien Brody qui repart avec l’Oscar du meilleur acteur. Grand favori de tous les bookmakers, son rôle de László Toth, un architecte hongrois juif survivant de l’Holocauste, dans The Brutalist, a été salué par l’Académie. Il décroche sa seconde statuette, après celle remportée en 2003. « Je suis encore ici pour un rôle qui symbolise les traumatismes et répercussions de la guerre et de l’oppression, l’antisémitisme, le racisme et la peur de l’autre. Je prie pour un monde plus sain, plus heureux, et surtout plus inclusif. Si le passé peut nous enseigner quelque chose, c’est bien de ne pas laisser la haine se répandre », a-t-il conclu sous les applaudissements de l’Assemblée.
L’autre grand vainqueur de cette soirée est, et restera, Sean Baker et son film Anora. Avec six nominations, il repart avec pas moins de cinq statuettes. Un véritable succès pour ce long-métrage qui avait déjà conquis le jury du Festival de Cannes en mai dernier, en remportant la Palme d’Or. Dans son parcours des récompenses, Anora avait également obtenu deux Bafta, un Critic’s Choice Award, un Directors Guild of America Award et bien d’autres nominations.
Avec l’Oscar du meilleur film, de la meilleure réalisation, de la meilleure actrice, du meilleur montage et du meilleur scénario original, Sean Baker et son équipe reparte les valises pleines. « Je tiens à remercier l’Académie d’avoir reconnu un film véritablement indépendant. Ce film a été réalisé grâce au sang, à la sueur et aux larmes d’incroyables artistes indépendants et d’un cinéma indépendant qui a fait ses preuves ! (…) En ce moment, l’expérience d’aller au cinéma est menacée. Les cinémas, en particulier les cinémas indépendants, sont en difficulté. C’est à nous de les soutenir. (…) C’est notre cri de guerre. », a formulé le réalisateur Sean Baker au moment de récupérer l’une de ses nombreuses statuettes. Il succède donc à Oppenheimer de Christopher Nolan.
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