En février 2025, l’Unesco Paris a accueilli la cérémonie d’ouverture de l’Année internationale des sciences et technologies quantiques. Un événement qui a rassemblé de nombreux scientifiques reconnus dans le monde entier, dont certains lauréats du prix Nobel de physique tels qu’Alain Aspect ou Anne L’Huillier. Nous y étions.
« Cette année est historique pour les avancées scientifiques quantiques », affirme Hayley Edmonds, journaliste et présentatrice de la cérémonie d’ouverture de l’Année internationale des sciences et technologies quantiques. Ce grand rassemblement s’est tenu au siège de l’Unesco à Paris, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, les 4 et 5 février 2025. L’assemblée, composée de scientifiques de renommée internationale, d’ingénieurs, mais aussi de chefs d’entreprises, a, sous le regard du public, organisé des tables rondes pour aborder chaque aspect du thème de la science et des technologies quantiques.

Ce domaine scientifique très particulier du quantique touche de nombreux secteurs : physique, chimie, biologie, informatique… Il permet, entre autres, d’observer les plus petites particules de la matière jusqu’aux composants du cosmos. La cérémonie d’ouverture a également permis d’aborder d’autres thématiques comme la place des femmes dans la science, le développement de ces technologies dans les pays plus précaires, en particulier en Afrique, ou encore la révision de l’éthique et de la responsabilité des innovations conçues, notamment sur l’environnement. Durant plus d’une journée, plusieurs intervenants ont pris tour à tour la parole pour donner leur point de vue sur les progrès réalisés dans ces domaines si particuliers des sciences et technologies quantiques.
Un avenir meilleur pour l’humanité et la planète
« La science quantique est un domaine extrêmement complexe et en évolution rapide », explique Lidia Arthur Brito, la sous-directrice générale pour les sciences exactes et naturelles de l’Unesco. « Elle est la base de nos objectifs de développement durable, en particulier en ce qui concerne le réchauffement climatique, l’efficience énergétique, la sécurité alimentaire et la santé. », ajoute-elle avant de préciser : « Se servir des sciences quantiques n’est pas seulement utile pour faire progresser la science mais également pour construire un avenir meilleur pour l’humanité et la planète. »
Lidia Arthur Brito encourage vivement la coopération internationale à répondre à ces enjeux cruciaux en plus d’autres problématiques comme la lutte contre les inégalités ou l’accès de manière plus direct aux sciences et innovations quantiques. « La coopération internationale doit aider à soutenir le développement des pays plus en retard pour qu’ils puissent renforcer leurs capacités nationales et dépendre moins de ce qui se fait dans les pays développés », commente également la chercheuse de l’UNAM, Ana Maria Beatriz Cetto Kramis.

Mais comment la science et les technologies quantiques peuvent-elles être utiles à l’humanité et à la planète ? D’abord, par une meilleure connaissance de notre monde. Cette science permet en effet de mieux comprendre notre environnement et les innovations en technologie pour améliorer notre mode de vie tout en économisant possiblement la consommation d’énergie.
John M. Doyle, professeur de physique et codirecteur de l’Initiative sur les sciences et l’ingénierie quantique, affirme que « les technologies quantiques peuvent créer de meilleurs matériaux qui permettraient d’utiliser moins d’énergie mais également d’accélérer l’informatique afin d’atteindre les objectifs de développement durable ». Ces 17 objectifs fixés pour 2030 doivent répondre aux problèmes environnementaux et sociaux dans le monde en apportant notamment : la paix, la prospérité, la justice, la protection du climat.
Des stéréotypes qui ont la peau dure
Une autre réflexion, au cours de cette cérémonie d’ouverture, a été menée sur la présence des femmes dans les domaines scientifiques. Aujourd’hui, selon une étude réalisée par l’ISU (Institut de statistique de l’Unesco), moins de 30 % des chercheurs sont des femmes. D’autres données ont démontré que les femmes publient moins, qu’elles sont moins bien payées pour leurs recherches et que leurs carrières progressent moins vite que celles des hommes. À ce sujet, Anne L’Huillier qui a remporté le prix Nobel de Physique en 2023, témoignait au micro de France Inter : « Il y a beaucoup de stéréotypes. Peut-être que les jeunes filles se disent non, on ne peut pas faire de la science parce qu’il y a très peu de femmes. Moi, je veux lutter contre ce stéréotype. »
Enfin, d’une manière plus générale, la conférence a pu mettre en avant l’intérêt du grand public pour les sciences et technologies quantiques. Sur la question du rapprochement avec le grand public, Alain Aspect, également prix Nobel de Physique en 2022, a répondu avec un peu d’humour : « Une partie du grand public s’intéresse aux sciences, si nous leur racontons des choses intéressantes. » Il ajoute : « Ma solution, pour que les scientifiques s’adressent aux gens, c’est de leur raconter une histoire. J’ai publié un livre qui raconte l’histoire de la quantique, les discussions entre Bohr et Einstein. Ceux qui ont un intérêt pour la science, peuvent ainsi conserver cet intérêt. » Selon lui, il y a une réelle nécessité d’attirer l’attention du public, par n’importe quel moyen, y compris les contenus qui vulgarisent les sciences sur des plateformes comme YouTube ou autre.

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